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Béziers (17/08/2014 - tarde) : Juan Bautista triomphe au terme de la Miurada de clôture...

Photo : Daniel Chicot
Photo : Daniel Chicot
Dès son annonce au mois de juin dernier, ce mano a mano Juan Bautista/Javier Castaño, le geste du premier face à l'expertise de cet élevage du second, avait suscité beaucoup d'engouement. Et la belle entrée enregistrée par les arènes de Béziers en cette corrida de clôture en est la conclusion logique.

Comme le vent s'était calmé et que les températures avaient retrouvé des valeurs estivales, le public était disposé à s'enthousismer aux efforts des toreros. Restaient les toros... Car les Miuras n'ont pas laissé, au moins dans notre Sud-Est taurin, de souvenirs impérissables lors de leurs dernières sorties. Mais il est dit qu'à Béziers, la Miurada de clôture est inscrite dans la génétique de la Feria et qu'elle doit en cela fournir son lot d'émotions. Ce fut donc le cas à nouveau cette année avec six exemplaires bien présentés, donnant un jeu inégal, tous présentant les difficultés inhérentes à leur encaste, tous spectaculaires au premier tiers à défaut de réelle bravoure à l'exception du quatrième qui ira quatre fois au cheval dont la dernière au regaton et après le changement de tercio.

Juan Bautista saluera l'exemplaire d'ouverture de belles véroniques avant de l'amener à trois reprises sous le fer. Lors de la faena, l'arlésien se montrera très technique face à ce toro mobile, qui chargeait tête haute mais sans (trop de...) mauvais geste(s). Une entière un peu basse doublée d'une maladresse du puntillero qui releva le toro, privèrent le diestro d'un probable premier trophée. Juan Bautista amena le troisième au picador par chicuelinas en marchant avant revolera. Piqué à deux reprises, le Miura se révèlera meilleur sur le piton droit lors d'une faena qui se transformera assez rapidement en combat de rue, le bicho finissant par se défendre sur place. Le public approuvant le combat du matador demandera avec force la musique qui ne vint jamais... Juan Bautista en finira d'une entière un peu basse qui n'empêchera pas une forte pétition de monter des gradins jusqu'à atteindre la Présidence. Le Camarguais salua le cinquième par véroniques genoux en terre, puis par chicuelinas. Le toro s'élancera par la suite à trois reprises, dont deux du centre de la piste, vers le picador. Lors de la faena de muleta, brindée aux deux chanteurs d'opéra et débutée à genoux, cet exemplaire se révèlera noble et mobile, permettant à Juan Bautista de beaux passages templés sur les deux pitons. L'estocade a recibir pinchera malheureusement et une demi-lame ne suffira pas pour coucher l'astado. L'arlésien, seul avec son toro au centre du ruedo en finira d'un grand descabello et coupera la deuxième oreille synonyme de sortie en triomphe.

Javier Castaño toucha un premier adversaire qui ne livrait que des demi-charges. Après l'avoir brindé à Juan Bautista, Son expérience permit au Salmantin de lui voler quelques séries droitières méritoires, avant une mort en trois temps. Le troisième fut lidié maison lors d'un tercio de piques orchestré par Tito Sandoval et des banderilles en musique par le duo Adalid/Sanchez. Par la suite, le Miura résultera mobile mais se retournant court. Après une belle bagarre avec son adversaire, appréciée du conclave, Javier Castaño échouera une nouvelle fois aux aciers. Le Miura qui clôturaît la course se blessera en tout début de faena à l'antérieur droit. Il se montrera par la suite violent et arrêté, ne laissant guère d'option à son matador qui en finira d'un pinchazo suivi d'une demi-lame tendida et d'un descabello.

 

Plaza de toros du Plateau de Valras - Béziers

Dimanche 17 août 2014 - 18 heures

Temps beau et chaud - brise marine juste rafraichissante.

Plus de trois quart d'arène.

Six toros de Miuras bien présentés et armés, donnant du jeu en règle générale mais compliqués la plupart.

Poids des toros : 640 ; 600 ; 630 ; 555 ; 615 & 610 kgs 16 piques (Cavalerie Alain Bonijol)

Durée de la course : 2 heures 20.

 

Juan Bautista : Saluts ; oreille et oreille

Javier Castaño : silence ; silence et silence

 

A noter : Le picador Paco Maria, de la cuadrilla de Juan Bautista, sera récompensé du Prix à la meilleure pique.

 

Laurent Deloye ElTico

 

Voir le reportage photographique : ElTico