Captieux (02/06/2013) : beaux débuts de Clemente

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Photo : William Lucas
Photo : William Lucas
Les anti-taurins, qui s’étaient manifestés bruyamment toute la semaine, se retrouvèrent à peine une trentaine ce dimanche à Captieux et ne génèrent en rien le déroulement de la novillada. Soleil aidant, le public vint nombreux et on frôla le lleno ce qui fut une belle récompense pour les organisateurs.

A peine entendait-on au loin l’écho de hurlements de la poignée de contestataires qui s’époumonaient inutilement...

En piste les novillos de Vicente Ruiz assurèrent le spectacle. Il allèrent généreusement sous le cheval et le premier démonta la cavalerie. Ils firent preuve par la suite d’une noblesse loyale, avec la pointe d’émotion nécessaire. Le premier répétait ses charges avec la classe et humiliait ; le dernier avait du piquant et de la vibration. Les seconds et troisièmes furent aussi applaudis à l’arrastre. Tous se tinrent solidement sur leurs pattes et le mayoral fut invité à saluer l’issue du spectacle.

Roman est déjà aguerri et, bien qu’il ouvrit les débats, face à une crème, le premier des six, il montra qu’il savait en tirer le meilleur parti. C’est un torero classique, avec un certain goût de l’esthétique et qui a du pouvoir. Il enchaîna les séries des deux côtés sans grande originalité mais avec une incontestable sûreté et avec du goût. Peu de déchets dans cette tauromachie déjà professionnelle. Il tua de deux tiers de lame et coupa un premier trophée. Le second était moins commode et il eut du mal à trouver ses marques. Il subit une voltereta sévère à l’épée, heureusement sans frais et peina ensuite pour se défaire de son opposant.

Encore très vert, il y a chez Posada de Maravilla, qui se présentait en France, une quête de l’esthétique et des manières très personnelles ; une certaine élégance. Malheureusement, ça lui coûte de monter à la corne contraire et ses allures restent sans beaucoup d’effets sur l’animal. Son toreo ne passa pas la rampe et il passa à Captieux sin pena ni gloria. On mettra à son crédit un estoconazo face à son premier opposant.

Clemente qui débutait en piquée, montra ses ganas du début à la fin de l’après-midi. Un quite por chicuelinas au toro de Posada prouva d’emblée qu’il était déterminé à triompher. Il fit preuve, lors de ses deux passages, d’une surprenante maturité pour un débutant dans la catégorie. Varié à la cape, il fut l’auteur d’un quite réussi par Tafalleras, il construisit avec fermeté ses deux faenas, ramenant le toro au centre quand il cherchait les planches, agrémentant ses travaux de bonnes séries, conduites par le bas quand le novillo le permettait, de détails élégants comme des trincheras soyeuses ou des changements de mains opportuns. L’ensemble, surtout lors de son second passage face au solide sixième qu’il fallait soumettre, plut au public. Il conclut face à cette robuste opposition par une entière bien portée et obtint un beau succès, prometteur pour la suite de sa carrière. Sa sortie en triomphe, très applaudie montre que le jeune homme a plu. Il est prêt, bien préparé et mérite d’être revu rapidement.

Pierre Vidal

 

Captieux, dimanche, novillada de la "Feria Rugby y Toros". Presque plein sous le soleil enfin revenu pour l’occasion.

Six novillos de Vicente Ruiz.

Roman en rose et or: une oreille et silence.

Posada de Maravillas en blanc et argent: saluts et silence.

Clemente en framboise et or: une oreille et deux oreilles.

 

Voir le reportage photographique : William Lucas