Villeneuve de Marsan: une pluie...d'oreilles J Leal et T Dufau triomphent

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Photo : Philippe Latour
Photo : Philippe Latour
Avec la présence du vétéran lusitanien Victor Mendes, on pouvait craindre voir se rabougrir les toros des Hnos Dominguez Camacho. Il n’en fut rien bien, au contraire, avec un lot bien roulé aux cornes intactes, l’organisation de Villeneuve de Marsan ne s’est pas moquée de son nombreux public qui remplissait entièrement les travées des arènes.  

 

Prenant dix piques au total, ces animaux se laissèrent globalement faire même s’il ne fallait pas trop les contraindre par le bas. Victor Mendes connut une soirée délicate, la faute à une forte voltereta reçue dès le premier toro à sa 3ème paire de banderilles. Il en ressortit marqué et vermoulu subissant d’un seul coup l’outrage des ans qui passent. Avec son 1er qui tapait dans la cape à chaque passage, Victor banderilla sûrement trop facilement pour se faire crocheter sans mal au final. Le portugais resta donc  prudent en se donnant les avantages du pico dans une faena droitière (une seule série de la main gauche) où le toro continua à décocher son génant petit coup de tête.3/4 de lame et deux descabellos-Saluts- Au 4ème après avoir été applaudi lors des véroniques de réception, Mendes préféra passer son tour aux banderilles avant de brinder à ses deux compagnons de cartel. Dans une faena où il essaya de se faire plaisir tout en prenant son temps, il exigea sûrement trop de son adversaire pourtant économisé sur la corne gauche, et après un ouvrage très long, le Dominguez Camacho choisit de rompre le combat en se couchant au moment où le torero se préparait à aller chercher l’épée. Bien entendu, le succès en fut grandement terni, et ce d’autant plus qu’énervé par cette situation, il cafouilla avec les aciers (3 estocades suivies de trois descabellos)- Saluts-

Thomas Dufau trouva avec ses toros , le « matériel » propice pour toréer avec confiance. Dès le 2ème, bien reçu de cape, dans une faena aisée et menée au centre, le landais se confia sur la main droite surtout en début de faena avant qu’après un bref passage à gauche le toro s’avisant, il opte pour quelques circulaires et manoletinas de conclusion.1 épée comme un coup de canon- 1 oreille- Avec son second préservé à la pique, il entama de façon classique chez lui par des cambiadas spectaculaires. A gusto côté droit sur les séries qui suivirent, la faena alla plutôt a menos dans un ensemble qui plut au public. L’estocade entière mais en arrière fut rapidement concluante et l’oreille tomba (pétition de la deuxième).

Juan Leal est venu, il a vu et il a vaincu. Avec  4 oreilles dans son escarcelle, il ressort en grand triomphateur de la soirée et vainqueur du duel de la jeune garde française. Au 3ème le plus beau du lot, qui le serrait sur chaque passe d’accueil, il sut après les passes dans le dos initiales, rapidement connecter avec le public. Après deux séries classiques et bien en rythme, puis des naturelles de moindre impact, il opta pour la tauromachie qu’on lui connait très incimiste, toujours près des cornes. Une entière spectaculaire et les deux oreilles tombent. Qui peut décrire avec exactitude ce qu’il s’est passé au dernier faible et quasiment non piqué. Les gouttes commençaient à tomber de manière régulière, une partie du public cherchait un abri, l’autre restée stoique fit un nouveau triomphe après un numéro dans un terrain fort réduit. L’orage éclatait, et dans ce cas, le relief donné aux passes réalisées n’en est que plus grand. Les courageux qui avaient décidé de se mouiller et de braver  la pluie diluvienne obtinrent à nouveau les deux pavillons du Camacho après une épée encore une fois spectaculaire. Sur une piste détrempée l’arlésien donna un dernier tour de piste et sortit seul sur les épaules, Thomas Dufau ayant décidé de sortir sur ses propres jambes.

Philippe Latour

 

Villeneuve de Marsan –plein 

6 Toros des Hmnos Dominquez Camacho

Victor Mendes                  saluts/saluts

Thomas Dufau                  oreille/oreille

Juan Leal                        2 oreilles/2 oreilles  

 

Voir le reportage photographique : Philippe Latour