Bayonne (10/08/2013 - tarde) : ..le chemin est encore long!

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Photo : Philippe Latour
Photo : Philippe Latour
Quand un ironique « indullto » est descendu des travées au dernier toro de l’après-midi , il me semble avoir décelé l’espace d’un court instant , un sourire ironique barrer le visage d’ Ivan Fandiño qui s’escrimait depuis deux heures pour tenter de donner de l’émotion à cette si attendue encerrona.

C’est vrai qu’il est long le chemin pour arriver à jouer de manière durable dans la cour des grands surtout quand il est semé d’embûches comme les six toros du jour de Fuente Ymbro. Pas un ne lui permit de se relâcher, le basque inventa les séries qu’il tirait à grande peine de toros retords et de peu de parcours.

Au premier à peine piqué lors de deux contacts, après un brindis à l’éleveur, Fandiño pris la mesure en trois séries avant que le Fuente Ymbro baisse de ton pour finir réservé. Malgré un final en molinetes  serrés, deux pinchazos profonds firent tomber l’animal et le degré du succès qui se limita à un simple salut. Au deuxième bis, qui ne mettait que très partiellement la tête dans le leurre, le torero tira les passes une à une des deux mains, et à force d’insister construisit une faena qui tenait la route. Conclusion par manoletinas, entière au 2ème essai et oreille pour lancer la course. Le troisième était faible, ne se confia pas à la cape, encore moins à la pique et finit sans jus dans la muleta du natif d’Orduña qui avait pourtant bien débuté par de belles statuaires, mais dû rapidement se rendre à l’évidence du peu de possibilités de son adversaire-Silence Au quatrième accueilli par une larga, il ne se passa pas grand-chose jusqu’à la faena ou Fandiño entreprit consciencieusement de s’inventer un toro. Passe après passe, il lia quelques séries mais face à la médiocrité du Fuente Ymbro, il dut abdiquer- Saluts Heureusement qu’avec le cinquième, en gardant en permanence la muleta sous le museau, la faena prit de l’ampleur et sans atteindre des sommets , elle permit au basque de connaître le succès. Avec conviction, en gardant un moral de battant il mobilisa toutes ses ressources pour proposer des séries des deux mains qui soulevèrent les olés de l’arène et firent jouer la musique. Les Bernardinas de conclusion finirent de convaincre le public et comme le toro fut abattu d’une grande estocade, les deux oreilles tombèrent du palco. Le sixième très bien présenté promettait beaucoup, mais  après deux petites piques sans histoire, la faiblesse de ses pattes avant réduisit à néant la possibilité pour Fandiño de terminer sur une note allègre.

Malgré la sortie en triomphe du basque, c’est un sentiment de déception qui prévalut à la sortie des arènes à cause des toros sans saveur de Ricardo Gallardo . II est aussi certain que cette épreuve du 1 contre 6 nécessite une variété de répertoire que ne possède pas forcément le torero qui n’est jamais aussi bon que dans l’adversité contre ses principaux concurrents (quand ils lui laissent sa chance), que quand il s’agit de s’exposer seul contre lui-même.

Philippe Latour

 

Bayonne  – 4/5ème d’arène  6 Toros de Fuente Ymbro (le 2ème dut être remplacé en cours de lidia)

Ivan Fandiño                      saluts/oreille/silence/saluts/2 oreilles/silence  

 

Voir le reportage photographique : Philippe Latour