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Magescq (04/02/2018) : Magescq ouvre la temporada 2018...

©Philippe Latour
©Philippe Latour
Dans le Sud-Ouest, on se quitte à Rion et on se retrouve à Magescq. Cette ouverture « traditionnelle » de la temporada française permet à la famille aficionada gasconne de se reprendre contact après la trêve hivernale. Au plaisir de se retrouver entre nous, s’ajoute la fierté de montrer à certains esprits chagrins que notre Culture n’est pas morte car elle rassemble encore… En effet c’est devant des gradins quasiment pleins que s’est déroulée la première novillada non piquée de la saison.

Ce jour, ce sont six erales de Paco Galache qui ont été toréés par Manuel Diosleguarde, Dorian Canton et Villita. La déception du jour est venue du bétail. A l’exception du troisième, plus léger et qui sera le meilleur du lot, les « Galache » ont été pénalisés par un excès de poids incompatible avec leur âge et leur taille. Ils avaient un fond de noblesse mais pas le moteur pour l’exprimer. Leur charge courte et leur faiblesse ne leur ont pas permis de transmettre beaucoup d’émotion et aux novilleros, pourtant expérimentés, de s’exprimer au-delà d’une démonstration de leur savoir faire technique. Des trois toreros, le moins connu chez nous, Villita a fait montre de qualités artistiques, en particulier quand il a toréé de la main gauche qui donnent envie de le revoir très rapidement. Manuel Diosleguarde et Dorian Canton ont continué leur préparation pour leur prochain passage en piquée. Il reste aux trois novilleros à peaufiner leur technique à l’épée car leurs estocades se sont révélées souvent être basses.

Le premier, le moins armé d’un lot globalement cornicorto, vient bien dans les premiers capotazos de Diosleguarde. Dès les premiers doblones, l’eral raccourcit sa charge, se livre (fond de noblesse) sans s’engager par manque de forces. Le novillero a un bon bagage technique mais la faena manque d’émotion. Le toro s’arrête en sortie de passe et le torero doit reculer pour le citer à nouveau. L’eral recherchant l’appui du mur qui fait office dans ces arènes de tablas, Manuel a du mal à le fixer pour le tuer. L’estocade, bien qu’efficace, est très basse, vuelta pour le novillero.

Dorian accueille le second lui aussi très, et même trop lourd, par des largas de rodillas. Le bicho est faible et les premiers derechazos, à genoux, sont accrochés. Le Galache est noble mais manque trop de force pour que la faena, pourtant appliquée, du béarnais transmette beaucoup d’émotion. De la faena on retiendra la bonne série de derechazos au début et le final par luquesinas. Dorian s’engage pour une entière légèrement tombée, la meilleure épée de l’après-midi, rapide d’effet et coupe la première oreille de la temporada française.

Le troisième, le plus léger du lot, sera aussi le plus solide. Après une bonne réception à la cape, Villita prend les palos pour un tercio de banderilles de bonne facture terminé, et cela devient rare, par une paire al quiebro. Le novillero amène le toro au centre pour un début de faena à droite où il a du mal à trouver le bon tempo et le bon rythme. Il finit par prendre la main gauche et la faena prend une autre tournure. Avec de l’aguante et un style déjà affirmé, le madrilène enchaîne de bonnes séries de naturelles dont certaines de face, pesant vraiment sur le toro. Quelques fautes de jeunesse lui valent de se faire accrocher mais il termine par une série de chaque main, toutes deux données avec relâchement. Il coupe lui aussi une oreille malgré une estocade très basse.

Le quatrième est un gros colorado, qui boite à sa sortie en piste et chutera à plusieurs reprises avant de se reprendre sur la fin. En début, dans la muleta de Manuel Diosleguarde, l’eral se défend sur place. La faena a du mal à démarrer car le novillo manque trop de forces. Elle parait de ce fait longue et manque d’intérêt sauf les dernières séries où le toro finit par se livrer un peu mieux. Silence pour le torero après une épée très basse.

Après une bonne réception à la cape, Dorian Canton brinde le cinquième à Mathieu Guillon. Le toro est faible et manque de fond. Le jeune novillero essaie de donner du relief à la faena. Il s’applique mais ce type de toro fade ne convient pas à un torero qui a besoin d’une opposition plus « affirmée » pour vraiment s’exprimer (cf la novillada de l’Astarac en 2017). Une oreille vient récompenser, malgré une estocade basse, l’application et l’envie du torero. Dorian sera à revoir à Arzacq face aux Conde de Mayalde qui sortent habituellement avec du fond et de la caste et qui lui permettront, en principe, de mieux se mettre en valeur.

Le sixième, très costaud lui aussi, est malheureusement très faible. Après un bon tercio de banderilles, Villita l’entreprend par le haut ce qui n’empêche pas le novillo de tomber. Le madrilène enchaîne de jolies séries, montrant une vraie capacité à peser sur le toro, mais qui manquent d’émotion. Le novillero a de la classe et du pouvoir, mais le novillo n’en a pas. On retiendra de cette faena, un superbe changement de main. Villita perd à l’épée l’oreille qui lui aurait permis d’accompagner Dorian dans sa sortie à hombros.

La revue d’effectif en non piquée se continuera le 18 à Arzacq avant de se conclure par les bolsins de La Fragua (24 et 25 Février) et Bougue (05 Mai).


Fiche technique
Arènes de Magescq, novillada non piquée
6 erales de Paco Galache avec du trapio mais manquant de forces pour :

Manuel Diosleguarde : vuelta, silence
Dorian Canton : une oreille, une oreille
Juan José Villa « Villita » : une oreille, silence

Prix des organisateurs du Sud-Ouest au triomphateur de l’après-midi pour Dorian Canton.
Prix « Bernard Ménard » attribué par le club taurin de Magescq au novillero le plus méritant à Villita.
Quasi lleno
Il pleuvait dehors mais les arènes de Magescq sont couvertes.

 

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour