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Béziers (11/08/2018) : L'unique oreille pour Enrique Ponce...

©ElTico
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La revanche annoncée du mano a mano d'ouverture de la Feria de Mont de Marsan, qui s'était soldé par la sortie en triomphe des deux protagonistes proncipaux, Enrique Ponce et Sebastian Castella, a tourné à l'avantage du Valencian sur le plus petit score qui soit, avec une seule oreille coupée à l'exemplaire de Garcigrande sorti en troisième position.

La faute à un lot de toros correctement présenté, mais manquant globalement de force et plus encore de race.
Une entrée en matière un peu tristounette, donc, dont l'affiche n'a pas complètement convaincu le public biterrois, les arènes n'étant garnies qu'aux deux tiers... Les Ferias a cinq jours ont ici souvent posé des problèmes...
Espérons que la suite permette aux aficionados du crû de retrouver leur esprit festif et convivial... Le "Se canto" traditionnellement entonné à la fin du cinquième combat netrouvait aujourd'hui que trop peu d'écho sur les gradins.

Laurent ElTico Deloye


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier, pour Enrique Ponce, chargea sans classe dans le capote délicat de l'espagnol, se montrant également distrait. Le Garcigrande prit deux rations de fer très quelconques, avec aucune mise en suerte digne de ce nom. A la muleta, le bicho fut désordonné dans ses charges, grattant au sol et se jettant dans l'étoffe. Après plusieurs séries d'observation, Ponce parvint, à base de patience et de technique, à tirer deux bonnes tandas gauchères avant que l'astado ne se décompose totalement. Mort par un vilain trois quart de bajonazo. Silence.

Sébastien Castella fut appelé à saluer avant la sortie de son premier adversaire. Il rendit bien cette marque d'affection en réceptionnant parfaitement son adversaire, le conduisant au centre par des veroniques templées à souhait. Le Garcigrande se montra bravito sous le fer mais fut très mal piqué sur la seconde et ultime rencontre donnée sur les flancs. Après un brindis à son public, le français débuta par des doblones, un genou à terre, très classieux, récoltant un peu plus l'adhésion du public. Au dernier tercio, le Garcigrande ne fut pas le collaborateur parfait, gardant de la violence dans les échanges. Après avoir brillé sur quelques séries ambidextres, données avec une muleta sûre et précise, l'ensemble s'étiola en fin de combat, le toro se défendant de plus en plus lors des muletazos. Mort en cinq temps par pinchazo, entière trasera et trois coups de descabello. Silence.

Le troisième est lourdement piqué par trois fois dont une première pique en carioca. Sur les premiers muletazos servis en doblones, le bicho embestit avec classe mais sans toutefois déborder de force. Après une première série droitière sans réussite, le natif de Chiva embarqua magistralement son opposant dans un double tanda de derechazos de très haute volée, laissant idéalement courir la main. La tentative sur la corne gauche ne fut pas du tout du même accabit, le Garcigrande se montra moins collaborateur. Les tandas suivantes furent à menos, l'astado baissant de ton au fil des passages. Ponce parvint à redonner de l'intensité à sa faena sur un enchaînement de doblones à l'exécution parfaite, faisant lever la foule. Entière habile, un poil de côté, délivrant la première oreille de la tarde.

Le quatrième ne montra rien de très intéressant dans le capote de réception du bitterois avant de recevoir deux prises de châtiment en jouant des pitons contre le peto et sortant seul du groupe équestre. Entame de dernier tiers très vibrant par sept muletazos à genoux le long des planches, enchaînant par un changement de main dans le dos et une passe du desden. Castella comprit vite que cet animal n'était pas pourvu d'une grande charge. Laissant bien se reprendre son adversaire, diversifiant ses entames de série et le citant de loin, le diestro put offrir trois séries ambidextres de qualité, qui firent déclencher logiquement la musique. Hélas, le Garcigrande ne tenit pas la distance, faisant baisser de rythme le labeur du tricolore.Motivé, Castella tira le maximum de cet astado avec encore quelques échanges plaisants mais sans que le tout ne puisse reprendre de l'ampleur. Mort en trois temps. Applaudissements.

Ponce accueillit le cinquième de l'envoi par un capoteo varié, entaché d'un désarmé sur le remate. Face à la cavalerie, le Garcigrande montra une belle bravoure, poussant convenablement la monture mais laissant beaucoup de force et de moral. La seconde rencontre fut écourtée à la demande du maestro, craignant que ce bicho n'ait plus rien à proposer au dernier tiers. Mais la crainte se confirma à l'ultime tiers, le Garcigrande ne put aller au bout de ses intentions , se montrant vite éteint dans la muleta du valencian. Ponce fit ce qu'il peut mais face au manque de matière première, il ne put se mettre en évidence. Mort par lame de côté, au second assaut. Silence.

Le sixième prit deux belles piques, parfaitement placées. Sébastien Castella invita Jeremy Banti, sobresaliente du jour, à effectuer un quite à l'issue du premier tiers. Ce dernier se mit en évidence en dessinant de soyeuses chicuelinas très allurées, ponctuées par revolera. Le bitterois initia sa faena plein centre par mélange de cambios et de muletazos. Sur les échanges suivants, le Garcigrande chargea timidement sans conviction ni transmission, annonçant une suite guère enthousiasmante. Se décomposant au fil des minutes, l'astado n'offrit aucune possibilité de triomphe au torero de la tierra. Mort défectueuse. Silence.


Arènes de Béziers (34).
Samedi 11 août à 18h.
6 toros de Garcigrande
Poids : 530 , 540 , 520 , 525 , 560 , 535.
2/3 de plaza
Beau temps
Présidence : Michel Daudé
Durée : 2h25

E.Ponce : Silence / Oreille après avis / Timides applaudissements après avis.
S.Castella : Silence après avis / Applaudissements après deux avis / Silence après avis.


Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico