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Gamarde (13/06/2021) : Sortie à hombros de Daniel Luque...

Salida Gamarde 13062021L’heure de la reprise a sonné dans le Sud-ouest pour les différentes manifestations taurines. Pour ce qui est des corridas, c’est comme de tradition depuis quelques années à Gamarde qu’a eu lieu le premier festejo de la temporada. D’habitude c’est en Mars, cette année c’est en Juin, COVID oblige .


Jauge réduite à 50%, pass sanitaires pour cette première course ont été imposés aux organisateurs et aux aficionados. Espérons que cette situation ne perdure que le temps nécessaire car la première obligation met en péril l’équilibre économique des spectacles et la seconde freine certains spectateurs potentiels. En attendant les toros ont repris en Gascogne, profitons en.

Au cartel de cette corrida, Daniel Luque et Ginès Marin en mano à mano face à des toros de Zacaria Moreno. Précédé d’une bonne réputation en novillada, cet élevage madrilène d’origine Daniel Ruiz et Garcigrande faisait ce jour ses débuts en corrida et en France., Résultat mitigé pour le ganadero avec deux premiers bichos anovillados et gorditos qui se sont révélés fades et sosos, trois toros plus charpentés ont manqué de race. Le dernier noble et plus encasté, sévèrement châtié au premier tiers, avait une charge intéressante et un peu de piquant.
Les six toros étaient commodes de têtes et les pointes de leurs cornes se sont vite abimées.
Daniel Luque, triomphateur en 2018, qui malade avait déclaré forfait en 2019, a conservé son cartel dans la placita landaise.
Son opposant du jour, Ginès Marin a mal tué ses deux derniers toros.
Le premier toro anovillado et gordito est très juste de forces. Il prend un picotazo trasera et manque de souffle dès la fin du premier tiers. Daniel Luque l’entreprend à mi hauteur car toréé en le faisant humilier, le bicho tombe. Le Zacarias Moreno est noble mais d’une noblesse fade qui enlève toute transmission à la faena. Le torero de Gerena le toréé en rond, mais des cinq séries de passes seule la seconde (à droite) est à retenir. Le reste est sympathique mais on est loin de l’émotion des précédentes prestations de Luque dans les arènes du Sud-ouest. Le torero s’engage avec sincérité et conclut d’une entière trasera mais efficace. La pétition est majoritaire, le président, règlementairement, accorde la première oreille de la tarde.
Le second est lui aussi anovillado, Juste de forces, il accroche la cape sur les deux pitons. Mal mis en suerte, il pousse pour une unique rencontre avec la cavalerie. Que l’on aime ou qu’on n’aime pas sa tauromachie, Ginès Marin est un des toreros en forme de ce début de temporada. Il est capable de bien toréer en alternant lidia et passes plus décoratives. A Gamarde, il a opté pour une tauromachie plus pueblerina avec plus de décoration que de lidia Son premier toro est, comme le précédent, faible et soso. Il suit la muleta sans se faire prier mais ne transmet pas beaucoup d’émotion. Le jerezano le toréé sur le voyage, sans structurer sa faena, restant marginale et sur le bout de la muleta. Il ne se centrera que sur les derniers derechazos. Le Zacarias Moreno est attiré vers les planches. Le torero l’accompagne en utilisant cette attirance pour donner systématiquement la sortie vers les tablas. Final par bernadinas, Marin coupe une oreille (pétition majoritaire) après une entière basse mais efficace.

Le troisième, plus toro que les deux précédents, est andarin. Mal lidié au premier tiers, il prend un picotazo au passage et se promène dans la piste sans jamais se fixer. Il est en plus distrait et suelto. Tout pour plaire, mais Luque a déjà montré, il pouvait tirer quelque chose de ce type de bicho. Dès les premiers doblones, il pèse sur le Zacarias Moreno et arrive à le fixer. L’animal a tendance à vouloir partir aux planches. Le torero lui laisse la muleta sous le museau, plie le bras pour le garder près de lui et en tire deux séries de muletazos dominateurs. Dominé le bicho fuit t le combat et part aux planches. Après deux séries dans les tablas, Luque s’engage à nouveau avec sincérité à l’épée. L’estocade, tendida, est efficace ce qui lui permet de couper un nouveau trophée, largement mérité celui-là.

Le quatrième est plus sérieux de présentation. Bien mis en suerte, il prend une bonne pique en poussant. Marin le brinde au public. Le début de faena alterne toreo en rond et passes d’adorños. Comme à son premier, il est marginal et sur le bout de la muleta. Il n’y a pas de liens et de construction dans cette faena jusqu’aux deux dernières séries. Marin se centre alors et profitant de la noblesse du toro enchaîne une bonne série à droite, puis une seconde à gauche où on retrouve la toreria qu’il nous avait montré en 2018 et 2019 face aux Santiago Domecq dacquois. La mise à mort le prive d’un quelconque trophée et Ginès Marin doit se contenter de saluer.

Le cinquième, bien présenté, entre en piste, la traverse et vient se tuer en percutant le mur en face de la sortie du toril. Il est remplacé par un sobrero du même fer, le mieux armé du lot bien que bizco. Il est bien piqué poussant sous le fer. Il est juste de force et manque de race. Luque le toréé à mi hauteur, doit beaucoup se croiser pour l’obliger à suivre la muleta. Comme à second, il construit une faena très technique, et arrive en insistant et aguantant (beaucoup) à tirer quatre séries méritoires. Ce n’est pas du grand Luque mais c’est « professionnel ». Le public apprécie cette faena à sa juste valeur et invite le torero à saluer.

Le dernier, le mieux présenté, sera le meilleur toro de l’après-midi. Il sort avec plus d’alegria que les cinq premiers. Très mal et trop piqué, il accuse le coup après le premier tiers. Il met en difficulté à deux reprises Rafael Viotti. Après un très bon tercio de banderilles, Mathieu Guillon est appelé à saluer. Marin commence sa faena comme il l’a fait à ses deux premiers. C’est dommage car le toro s’est repris. Noble, avec un peu de piquant, il offrait des possibilités que le torero n’a pas utilisées. La faena ‘pegapase » est en dessous du potentiel du toro. Comme à son second, le jerezano tue mal, silence.

Prochaine sortie des Zacarias Moreno en France à Dax pour la novillada d’Août.

Il reste quand même une interrogation à l’issue de cette corrida .Il y a eu une polémique sur l’absence de toros et toreros français. Les organisateurs ont reconduit le cartel prévu en 2020, et cela peut se comprendre et l’admettre.
Par contre, pourquoi avoir fait appel à une cuadra espagnole (Garcia de Madrid) dont la prestation n’a rien apporté à la lidia de plus que n’aurait apporté une des deux cuadras françaises ?

En matinée, Jean Baptiste Lucq a tienté deux vaches de Zacarias Moreno , très noble la première et tarda mais intéressante la seconde. Le jeune landais a fait des progrès notables qu’il devrait confirmer lors de sa prochaine sortie en non piquée, le 20 Juin à Mugron.

       

Fiche Technique : Arènes de Gamarde, ouverture de la temporada du Sud-ouest
6 toros de Zacarias Moreno, mieux présentés les quatre derniers, commodes de têtes et justes de forces pour :

Daniel Luque : une oreille, une oreille, salut au tiers
Ginès Marin : une oreille, salut au tiers, un avis et silence

Six piques, cavalerie Garcia (Madrid), puyas espagnoles
Sobresaliente Jérémy Banti
Salut de Mathieu Guillon après avoir banderillé le sixième
Les deux toreros ont été invités à saluer à l’issue du paseo
Président : Philippe Lalanne (Dax)
Environ 90% de la jauge autorisé
Chaleur dehors mais aussi à l’intérieur des arènes couvertes

Thierry Reboul

Voir le reportage photographique : Philippe Latour