Ganaderia Tierra d'Oc : "Je pense que le secret d’un ganadero est d’être à la fois enthousiaste et insatisfait !"

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Photo : ElTico
Photo : ElTico
C'est à l'occasion d'un tentadero avec Juan Bautista que nous avons pu rencontrer Frédéric Donnedieu de Vabres, heureux ganadero depuis plus de cinq ans de l'élevage de toros bravos Tierra d'Oc.
Nîmois d'origine mais Parisien dans la vie quotidienne pour raisons professionnelles, practico à ses heures, il a bien voulu revenir pour nous sur cette belle aventure qu'il mène depuis cinq ans dans les costières de Castignargues, aux côtés de son épouse Laure et de ses amis Véronique et Damien Donzala.
 
CorridaFrance : Où en est la  ganaderia Tierra d'Oc  ?
 
Frédéric Donnedieu de Vabres : Cinq ans se sont écoulés depuis l’arrivée des bêtes au campo. Nous avons à ce jour environ 140 têtes (dont 16 becceros/novillos prêts à être toréés, 50 vaches de ventre et une quarantaine de naissance par an).
Depuis 2011, nous avons tienté une quinzaine de vaches par an en privé ou en public, avons sorti deux novilladas sans picador (à Arles et à Bellegarde) et des novillos à Beaucaire et Châteaurenard.
Pour 2013, notre premier beccero sort à Nîmes le samedi 20 avril dans le cadre de la Fête des Aficionados.  Ce sera un grand moment d'émotion pour moi, 45 ans après avoir reçu « le choc » de l’aficion dans ces mêmes arènes. Puis, nous avons une beccerada prévue à Istres, en ouverture de la Féria, un novillo pour le Festival d’octobre à Saint Gilles, au profit de l’association « Sang pour Sang », et un autre projet à Aubais.
 
CorridaFrance : Quel est le bilan à l'issue de cette première phase ? 
 
Frédéric Donnedieu de Vabres : Avant tout le bonheur, pour ma femme et moi, de vivre une aventure hors du commun, née de notre grande amitié et complémentarité avec Damien et Véronique Donzala. Un élevage de toros de combat demande une énergie exceptionnelle compte tenu des innombrables obstacles auxquels nous sommes confrontés (techniques, sanitaires, administratifs, financiers...) mais l’aficion nous porte !! 
Sur le profil de notre bétail, origine Sanchez Arjona - JP Domecq, il n’y a pas de doute sur le fait qu’il offre de réelles qualités de noblesse et de bravoure. Notre défi pour les années qui viennent sera de maintenir ce niveau tout en ajoutant un peu plus de caste par le choix approprié de nouveaux étalons. Des contacts sont en cours sur ce point. En revanche, nous n’augmenterons pas l’effectif dans la mesure où d’une part nous sommes limités par l’espace du campo et d’autre part il me parait opportun de se concentrer sur une origine cohérente et une sélection exigeante. 
Je pense que le secret d’un ganadero est d’être à la fois enthousiaste et insatisfait ! 
De façon générale, je suis impressionné par le niveau atteint ces dernières années par de nombreux autres ganaderos français qui ont créés leur élevage bien avant nous. Nous existons aussi parce qu’ils ont ouvert la voie . Il faut leur rendre hommage. Cela étant, l’élevage de toro français souffre fortement de la crise (818 naissance de mâles en 2012 pour 250 mâles combattus la même année). Il va falloir serrer les rangs, inventer de nouveaux développements pour le campo et la promotion du toro de combat. Je n’ai pas de recette magique mais j’aimerais participer à cette réflexion plus globale, au delà des intérêts de notre ganaderia, peut être sous l’égide de l’Association des Éleveurs Français de Taureaux de Combat. 
 
CorridaFrance : Merci Frédéric. Suerte pour samedi et la présentation du premier becerro du fer à Nîmes !
 
Frédéric Donnedieu de Vabres : Merci.