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Tyrosse (17/07/2016 - tarde) : Fade corrida de Valdellan...

@Philippe Latour
@Philippe Latour
Deux heures quarante cinq de corrida pour un bilan artistique bien maigre, la faute en incombe essentiellement aux toros de la ganaderia Valdellan. Correctement présentés, ils ont manqué de race et de physique. On était loin ce jour de Cubano, des novillos de Vic et Parentis. Certains presque acochinados étaient loin du type de l’encaste.

Est ce un fait du hasard si le meilleur a été le plus léger et surtout le plus typé Gracilliano ? Discrets face au cheval, ils se sont vite éteints à la muleta. Ce lot a confirmé les inquiétudes apparues suite à la journée Valdellan organisée à Orthez en 2015.
Côté toreros, seul Tomas Campos a su tirer son épingle du jeu avec une première faena intéressante. Javier Castaño est loin d’avoir retrouvé le niveau d’avant ses ennuis de santé. Profilé et distant, il a failli se faire prendre sur des erreurs de débutants. Morenito de Aranda a lui aussi toréé de façon marginal et sans chercher à s’imposer à son premier adversaire et a trop prolongé sa seconde faena face à un Valdellan éteint et décomposé.

Le premier, cornicorto, prend un première pique en poussant. La seconde rencontre est anecdotique. Le toro est noble en début de faena. Javier Castaño, après l’avoir doublé dans le terrain des tablas, l’amène au centre pour une série de derechazos distants. Sur la première série à gauche, le toro bouscule le torero qui après récupéré reprend sa faena sur la main droite. Le Valdellan prend une bonne série sur cette main avant de s’aviser et de retenir sa charge. A gauche, rien à en tirer, le toro se décompose et la faena va à menos. Après quatre entrées à matar prudentes, Castaño fracasse avec le descabello. Division d’opinions avec majorité de sifflets au retour du torero au callejon.
Le quatrième, plus typé Valdellan, est faible. Il prend une pique en s’endormant sous le fer. Comme au premier, le torero de Leon débute par une série sur le pico. Il se centre sur la suivante. Le bicho est noblote, suit la muleta sans difficulté. Mettant trop de distance entre lui et le bicho, le torero se fait voir et accrocher. A gauche, le toro se retourne vite et prend le dessus sur Castaño qui ne lui donne pas la sortie et se met en danger en faisant des erreurs de placement dignes d’un débutant. Il coupe une oreille après une estocade entière mal placée, portée en prenant les extérieurs mais rapide d’effet. Une partie du public conteste ce trophée.

On a retrouvé ce dimanche, le Morenito de Aranda des mauvais jours. Son premier adversaire est trop lourd. Dès sa sortie en piste, il montre un intérêt certain pour les tablas. Il vient plus par violence que par bravoure trois fois au cheval, brisant même le palo à la première. Par la suite, il suit la muleta sans grande conviction, avec toujours un coup d’œil vers les planches. De Aranda toréé avec allure mais sur le voyage et profilé. La faena manque de lien, le bicho baisse très vite de ton et le torero se laisse emmener progressivement dans la querencia du toro. Tout cela sonne creux et finira par dissoner quand le Valdellan se couche après deux pinchazos et incapable de se relever doit être puntillé.
Le cinquième est tardo dès son entrée en piste. Il s’allume sous le fer de la première rencontre, puis s’éteint de nouveau à la seconde. Il a très peu de charge. Morenito doit arracher les passes une à une. Le toro est décomposé, la faena s’éternise. Face à un toro dont il ne pourra tirer, à l’arrache qu’une seule série, De Aranda, réussit à entendre un avis alors que l’épée, entière mais très vilaine, est assez rapide d’effet. Le torero salue timidement au tiers à l’issue de sa prestation.

Tomas Campos avait été vu favorablement à Mimizan sortant à hombros au côté de Juan Bautista. Son premier toro, totalement invalide, est renvoyé au toril. Il est remplacé par un exemplaire du même fer. Celui-ci sera le plus léger, le plus dans le type et celui qui permettra la meilleure faena. Il est très mal piqué par un piquero maladroit au point de tomber de cheval à la première rencontre. Déjà vu à son avantage dans un quite au premier toro de Morenito de Aranda, le torero de Badajoz va construire une bonne faena avec des séries citées avec sincérité en se croisant, parfois terminées de profil mais données avec élégance, temple et relâchement. Ce seront les meilleurs moments de l’après-midi. Campos coupe une oreille après une bonne estocade.
Le sixième est faible. Il se défend plus qu’il ne pousse à la première rencontre et sort seul de la seconde. Au troisième tiers, le Valdellan est tardo, il a une charge courte. Le geste du torero est élégant, il se croise mais le toro ne s’investit pas dans la passe. Malgré les efforts de Campos la faena manque d’intérêt. Cette fade après-midi se termine par une estocade entière, un peu de côté et un silence.


Fiche technique :
Arènes de Tyrosse, corrida des Fêtes 2016
6 toros de Valdellan bien présentés mais faibles, manquant de race et de fond, le troisième invalide remplacé par un sobrero du même fer, pour :

Javier Castaño : un avis et division d’opinions avec sifflets majoritaires, une oreille
Morenito d’Aranda : silence, un avis et salut au tiers
Tomas Campos : une oreille, un avis et silence

Douze piques
Cavalerie Heyral
Entrée : Demi-arène concentrée à l’ombre
A l’issue du paseo, une minute de silence a été observée à la mémoire d’El Pana, Victor Barrio et les victimes de l’attentat de Nice. Dommage que le jeune péruvien Renatto Motta ait été oublié.

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour