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Dax (12/08/2016 - tarde) : Deux oreilles pour Joaquin Galdos, une pour Curro Diaz face à de fades Nuñez del Cuvillo...

@Philippe Latour - archives
@Philippe Latour - archives
Les arènes dacquoises étaient remplies pour la première corrida de la Féria. Très moyennement présentés, les toros de Nuñez del Cuvillo par leur manque de transmission ont largement contribué à rendre ce premier festejo ennuyeux. Inexistants au cheval, ils n’ont pas permis grand-chose au dernier tiers, par manque de forces et de race. Seul le dernier a fait preuve de noblesse au troisième tercio et a permis à Galdos de couper une seconde oreille synonyme de sortie à hombros par la porte du patio de caballos.

Le premier toro est entré en piste avec l’énergie d’un festayre à son cinquième jour de Féria. Il a fallu que Curro Diaz vienne le rejoindre au centre où il avait pris querencia pour lui donner une première passe de cape. Heureusement même s’il ne s’est pas investi à la pique, la morsure du fer a réveillé le bel endormi. Il finira même par pousser à la troisième rencontre. Au troisième tiers, le toro est soso. Curro Diaz est le torero en forme du moment. Il va réussir même avec cette matière première de piètre qualité à construire une faena très élégante. Il enchaine des derechazos templés avec des trincheras, pecho ou changement plein de classe et d’inspiration. On en finit presque par oublier que le toro n’a ni caste, ni moteur. Et pourtant il faut bien relativiser la prestation du torero de Linares. Il retrouve à Dax l’efficacité avec l’épée qui lui avait fait défaut à Azpeitia et tue d’une belle estocade un peu basse. Il coupe la première oreille de la Féria Dacquoise., silence très généreux pour le toro.
Le quatrième est un toro maso, faible, tardo et sans race. Aussi dépité que les aficionados présents, Curro Diaz abrège rapidement. L’arrastre est sifflée.
Le second est un quasi invalide protesté par le public. Blendo, il suit la muleta sans conviction mais sans résistance. Manzanarès qui jouit d’un véritable crédit à Dax n’était probablement pas dans un bon jour…………. Il entreprend ce bicho, soso, en mettant de la distance entre lui et le toro. Il ne se croisera qu’épisodiquement surtout à gauche où l’animal a moins de charge. La faena très marginale et peu inspirée, est loin d’atteindre le niveau attendu d’un torero du rang de l’alcantino Elle va a menos au fur et à mesure que le toro se décompose. Pour donner du panache a un trasteo qui en manquait cruellement, José Maria tente de tuer à recibir. Le toro ne partant pas, le fils du « torero des toreros » opte pour un volapié, bien exécuté. L’épée entière, un peu tombée, est très efficace.
Le cinquième est gros novillo ou un petit toro. Faible, il est ménagé au cheval. A la muleta, il est noble et faible, limite soso. Manzanarès l’entreprend par le haut, puis enchaîne des séries des deux mains certes jolies mais sans se croiser et en toréant de façon « lointaine » et marginale. Comme au premier, la faena est superficielle et ennuyeuse. Nouvelle tentative a recibir qui se traduit par un bajonazo avant une entière en place efficace. Petite pétition d’oreille qui se serait probablement transformé en forte division d’opinion si le président avait cédé.

Joaquin Galdos a été le mieux servi au sorteo. Son premier toro prend deux piques sans s’investir. A la muleta, il est soso, s’arrête entre les passes. Le péruvien enchaîne quelques séries sans vraiment construire de vraie faena, il l’agrémente de quelques jolies passes d’ornement (à la manière de Ponce) face à un toro qui s’éteint en fin de faena. Il tue très rapidement et spectaculairement et coupe une oreille.
Piqué en dépit du bon sens, le dernier sera le plus coopératif du lot. Il charge avec alegria et répète dans la muleta. Plus naïf que noble, il permet au jeune péruvien d’enchaîner des passes avec application mais sans vraie profondeur. Comme à La Brède, il lui manque le sens artistique, comme le possède Curro Diaz, pour donner du relief à une faena face à un toro fade. Le public, qui n’avait pas eu l’occasion de vibrer, demande et obtient une oreille après une faena qui ne restera pas dans les mémoires ;

La Féria ne peut aller qu’à mas.

Fiche technique
Arènes de Dax, première corrida de la Féria 2016.
6 toros de Nuñez del Cuvillo, moyennement présentés, faibles et manquant de race pour :

Curro Diaz : une oreille, silence
José Maria Manzanarès : silence, silence
Joaquin Galdos : une oreille ; une oreille

Treize piques et picotazos
Cavalerie Bonijol
Président Gilles Duchon
Lleno
Tarde de soleil et de chaleur
Galdos sort en triomphe par la porte des cuadrillas

Thierry Reboul