Béziers (13/08/2016 - tarde) : Le beau triomphe de Sebastián Castella...

  • Imprimer

@ElTico
@ElTico
Le matador de toros Sebastián Castella est sorti a hombros des arènes de Béziers après avoir coupé deux oreilles de l'ultime toro de sa feria 2016, un exemplaire de Núñez del Cuvillo à la charge vibrante en début de faena, qui baissa de ton en fin de trasteo mais permit à son matador au terme d'une prestation très convainquante, d'obtenir enfin un triomphe majuscule dans les arènes de sa ville.

Andres Roca Rey n'est peut-être pas étranger au début de faena tonitruant du matador "de la tierra" au quatrième, lui qui par deux fois, enflamma les gradins sur des réceptions de cape spectaculaires et une tauromachie exubérante... Le Péruvien semble n'avoir peur de rien ni de personne. Il n'a aucun complexe, ose tout et, le plus souvent, ça passe... Il ne doit qu'à un sorteo défavorable et un peu de malchance à l'épée, de ne pas accompagner Sebastián Castella par la grande porte. Avec une oreille de chacun de ses adversaires, il a préféré repartir à pieds plutôt que d'effectuer une vuelta sur les épaules avant une sortie par la porte des cuadrillas. Quant à Alejandro Talavante, crédité d'un trophée à l'issue d'une première faena banale face à un adversaire banal, il fut beaucoup plus impliqué lors de son deuxième combat face auquel il réalisa un gros effort entre les pitones en fin de trastéo, effort visiblement mal compris par le public qui ne demanda aucune récompense.

Laurent Deloye ElTico

 

La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Sebastien Castella hérita d'un premier toro chargeant au ralenti dans son capote, avec une fâcheuse tendance à jouer des pitons. Le tercio de pique fut quelconque avec deux puyas très mesurées. Castella débuta par des statuaires, main gauche posée sur l'estribo, avant de conduire au centre son Cuvillo par de délicats doblones. Face à cet astado manquant de classe et gardant cette pointe de violence, le Bitterois réalisa une faena ambidextre propre qui ne prit jamais son envol. Lors de l'entrée a matar, il se fit légèrement bousculer mais cela ne l'empêcha pas de loger une entière suffisante pour coucher son bicho. Ovation.
Le quatrième se montra très distrait à sa sortie en piste avant de se faire administrer deux légères doses de fer à la demande de Castella. Talavante alla lui aussi de son quite par de très douces chicuelinas. Piqué au vif, certainement par la prestation de Roca Rey au toro précédent, le bitterois édita un début de faena magistral. Cambio triplé, très long pecho, changement de main magnifique et passe du mépris très allurée. Il n'en fallait pas plus pour déclencher la musique. Trouvant le bon sitio à donner à cet exemplaire de bon son, il réalisa dans une muleta très douce une prestation importante, rondement menée sur chaque bord. Cet ensemble trouva son apogée lors de deux profondes et exquises séries de naturelles, templées à souhait. Le Cuvillo s'éteignant en fin de combat, le maestro lui servit les derniers passages par redondos et muletazos, dans un périmètre intimiste. L'enfant du pays paracheva son oeuvre par manoletinas avant une entière jusqu'à la garde faisant vaciller sans attendre son opposant. Deux oreilles.

Le second dévolu à Alejandro Talavante rentra fort dans le peto, poussant le cheval sur les deux rencontres. Roca Rey partit au quite comme un novillero, par une série de tafalleras mélangés à des caleserinas, de toute beauté. Le torero de Badajoz entama de très belle manière sa faena par statuaires, plein centre. Il prit instantanément la gauche pour deux tandas, à l'effet contrasté. Malgré de très bonnes naturelles sorties de sa muleta, le Cuvillo manqua de fond et de transmition pour que ces passages montent en intensité. La suite donnée fut intéressante même si elle manquait cruellement de relief, la faute aux conditions du bicho. Talavante s'évertua à donner un intérêt à son combat et finalisera sa prestation par manoletinas. Il tua d'une estocade entière et d'un coup de descabello. Oreille(tte).
Le cinquième prit deux rations de châtiment, très mal exécutées par le cavalier. Roca Rey partit au quite par chicuelinas mais cela n'eut pas l'effet escompté, se faisant subtiliser le capote sur le remate par revolera. Talavante se montra très décidé, initiant sa faena les deux genoux en terre. Hélas le Cuvillo se décomposa très vite et le diestro n'eût guère d'option de briller malgré quelques échanges bien menés. Entière trasera concluante. Ovation.

Le troisième pour Andres Roca Rey reçut deux légères prises de châtiment. Le Péruvien enflamma les gradins par un quite par saltilleras ultra serrées, faisant lever la foule. Il connecta encore un peu plus avec les tendidos par une entame de dernier tiers sur trois pendules. Le Cuvillo se révéla de caractère violent, se défendant beaucoup. Il en fallait plus pour décourager Roca Rey et sa soif de triomphe. Poderoso et ne cédant pas un pouce de terrain à ce compliqué exemplaire, il alla construire dans un périmètre très réduit une faena pleine de valeur et d'engagement. Il conclut son travail par des manoletinas, frôlant la correctionnelle sur le remate, lors d'une passe dans le dos. Une demi-épée d'effet très lent vint parachever cette prestation tremendiste très convainquante. Oreille.
Roca Rey receptionna avec alegria le dernier de l'envoi par veronique, chicuelina et cordobina, terminant sous l'ovation. Début de faena tonitruant du Péruvien de rodilla, enchaînant par une série à gauche, faisant jouer l'orchestre. Face à un adversaire fade et sans classe, Roca Rey édita une prestation pleine d'aguante et d'envie, faisant parler son poder. Sans matière à s'exprimer devant les charges très réduites du Cuvillo, le diestro alla arracher de valeureux muletazos inespérés au forceps, souvent au bord de l'accrochage. Une mort d'effet lente ne priva pas Roca Rey d'un nouveau trophée. Oreille.


Plaza de toros de Béziers (34)
2/3 d'arènes
Six toros de Nunez del Cuvillo
8 rencontres avec le groupe équestre
Poids : 540 / 516 / 535 / 515 / 535 /520
Très beau temps
Durée : 2h35

Sebastien Castella : Ovation / Deux oreilles.
Alejandro Talavante : Oreille / Ovation.
Andres Roca Rey : Oreille après avis / Oreille après avis.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico