Dax (14/08/2016 - matinale) : La terna a hombros pour la troisième corrida de Féria...

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@Philippe Latour
@Philippe Latour
Cartel de lujo pour cette troisième corrida de la Féria Dacquoise, El Juli, Lopez Simon et Roca Rey étaient opposés à des toros de Domingo Hernandez. Les arènes étaient pleines au moment du paseo. Très inégaux de présentation, les bichos de la succursale de Garcigrande ont eu des comportements très divers.

Ils sont allés douze fois au cheval sans se faire prier mais sans pousser. A la muleta, ils sont allés de mansos à coopérateurs. Tous ont été justes de force.
La présidence, trop généreuse en début de corrida, a faussé le déroulement de la course en particulier en donnant deux oreilles au Juli pour sa première faena et en refusant à Roca Rey la seconde, tout aussi justifiée ou injustifiée selon son référentiel de mesure. Comme en mathématiques, il faut faire un décalage d’origine d’un trophée pour évaluer la qualité des prestations des toreros.

Le premier prend deux picotazos. Manso, il est très rapidement attiré par les tablas. El Juli avec une véritable autorité va le contraindre à rester au centre du ruedo. Il le torée essentiellement à droite, toutes les tentatives à gauche avortent. Il enchaine des séries de derechazos allurés sans se croiser et en restant marginal. Après une tentative infructueuse à gauche, il laisse filer le toro vers les tablas et se fait accrocher sur une faute d’attention. La fin de faena est dans les tablas, profitant pour donner la sortie de l’attirance du Garcigrande pour les planches. Comme dans certaines compétitions de patinage, où la notoriété influence les notes, le président accorde deux oreilles, la seconde injustifiée, après une faena moyenne conclue par un julipié efficace.

Le second est commode de tête. Il est faible et le tercio de piques se limite à deux picotazos. Roca Rey fait monter la pression avec un joli quite par tafalleras. Au début de faena, le toro noble répond bien aux sollicitations du torero. Lopez Simon toréé à droite avec élégance et temple, dommage qu’il soit profilé et pas très centré. Il passe à gauche au moment où le Domingo Hernandez va à menos. Le final en réduisant les terrains et une estocade entière portée avec engagement et efficace font sortir les mouchoirs. Pris à son propre piège, le président se voit obliger d’accorder deux oreilles, là où une seule aurait suffi.

Roca Rey était attendu après les succès qu’il vient de rencontrer dans les différentes arènes. Son premier adversaire n’a pas le trapio requis dans une arène de première catégorie. De plus, il est faible et a une charge courte et lente. Il pousse un peu à la première pique, la seconde se limite à un picotazo. Le péruvien veut triompher, lui aussi. Il commence sa faena par une très belle série de cambiadas sur un terrain réduit. Le toro est tardo, il faut l’obliger et le tirer si on veut le faire passer. Avec beaucoup de sincérité, le torero se croise et fait ce qu’il faut pour que le toro s’investisse dans la passe. Après avoir dominé son opposant, Roca Rey termine sur une note encimiste et tue d’une bonne épée. Le président n’accorde qu’une oreille, alors que la deuxième était largement méritée. La vuelta est très fêtée et bronca pour le président.

Le quatrième est bien présenté. Il pousse bien au cheval et est bien piqué par Diego Ortiz. Bien doublé, le toro est andarin. Il marche au pas et suit la muleta sans grande conviction. EL Juli est obligé de se croiser sur la première passe pour le faire démarrer, puis il se profile à nouveau pour les suivantes. Le toro va à menos et la faena baisse de ton d’autant que le toro ne transmet pas grand-chose. L’estocade résulte très basse et le torero doit se contenter de saluer.

La cinquième accroche le capote avec la corne gauche. Il prend lui aussi deux picotazos. Après avoir brindé au public, Lopez Simon attaque sa faena par une série d’aidées par le haut terminées par trois très belles trincheras. Comme à son premier, le madrilène réalise une faena à la fois bien construite, élégante mais sans se croiser. Le toro va rapidement à menos et se décompose. A nouveau, final encimiste plus torero qu’au précédent toro, le madrilène tue d’une très bonne épée. Comme à Mont de Marsan, Lopez Simon a laissé entrevoir des possibilités mais il manque un petit quelque chose, un toro plus encasté et une jambe plus engagée sur la trajectoire du toro, pour que la faena prenne une autre dimension.

Roca Rey attaque la dernière faena avec l’envie de « casser la baraque ». Il débute sa faena par une série de derechazos à genoux. Puis il règle la charge du toro. Le bicho a du genio et le péruvien a du mal à trouver le terrain et la distance nécessaire pour le dominer. Après deux bonnes séries à droite données au centre, le toro se décale au tercio et passe moins bien. Après deux tentatives compliquées à gauche, le torero reprend au centre et donne une bonne série de derechazos. Le torero veut raccourcir les terrains et donner une dimension différente à son toreo. Le bicho, pas assez dominé, ne lui permettra pas d’aller aussi loin qu’il le veut. La faena tourne court et le torero doit se contenter d’une oreille après une épée entière portée avec foi longue à faire effet.

Les trois matadors sortent des arènes à hombros


Fiche technique
6 toros de Domingo Hernandez pour :

El Juli : deux oreilles, salut
Alberto Lopez Simon : deux oreilles, salut
Andres Roca Rey : une oreille, une oreille après avis

12 piques et picotazos
Président : Gilbert Duchon
Lleno
Soleil et température caniculaire

Thierry Reboul