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Béziers (14/08/2016 - tarde) : Une oreille pour Juan Bautista et David Mora ; Décevante corrida de Margé...

@ElTico
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Une fois n'est pas coutûme après les belles heures qu'ils nous ont fait vivre en ces lieux même, les toros de l'empresa des arènes biterroises ont globalement déçu ce soir par leur manque de force, mais surtout de caste. De présentation irréprochable, trois des exemplaires sortis en piste ayant été initialement reseñés pour les arènes madrilènes de Las Ventas, les astados en provenance du Mas des Monteilles n'ont laissé que peu d'occasions de briller aux trois matadors appelés à les combattre, pourtant très décidés.

Seules la science de Juan Bautista devant le deuxième et la décision de David Mora, impeccable face au dernier, ont été récompensées de trophées, Diego Urdiales devant se contenter d'une vuelta après pétition à l'issue de son premier combat. Fort heureusement, la vuelta accordée au dernier érale du même fer en matinée et le comportement global du bétail présenté par le ganadero lors des deux sans picador matinales, laisse augurer des jours meilleurs pour le Maître des Monteilles... C'est en tous cas tout le mal qu'on lui souhaite après cette année éprouvante.

Laurent Deloye ElTico

La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier de la tarde dévolu à Diego Urdiales fut renvoyé aux corrales après s'être cassé le piton gauche lors des premiers instants en tapant aux planches. Le sobrero, agressif de tête, fut lidié par fuera par le torero d'Arnedo avant de le faire sérieusement châtier sur deux braves rencontres. Après quelques séries de réglage, Urdiales trouva la bonne distance à donner à cet animal manquant de classe dans ses embestidas. Il parvint à faire monter l'intensité de son combat par une tauromachie élégante, qui connut ses meilleurs moments sur des séries droitières, liant délicatesse et rondeur. Il termina son combat d'une entière qui coucha rapidement le Margé. Vuelta après pétition d'oreille.
Le quatrième rencontra par deux fois le lancier lors d'un tercio de varas mal exécuté. Celui de banderilles n'étant guère meilleur, voire pire. En début de faena, le Margé perdit les mains à deux reprises, avec une fâcheuse tendance à jouer des pitons. Guère rassuré par les mauvaises dispositions de son astado et voyant qu'il n'aurait pas matière à s'exprimer, Urdiales alla chercher l'épée de mort après deux timides tentatives sur chaque corne. Mort en deux temps. Silence.

Le premier de Juan Bautista rentra fort sur deux rations de fer mais sans vraiment pousser. Face à cet animal maniable, il ne lui fallut que quelques muletazos pour trouver le bon tempo. Dans une prestation variée et très bien construite, Juan Bautista imprima dans une muleta poderosa, des tandas templées, de très bon goût, connectant ainsi avec le public. Il coucha son astado d'un trois quart de lame d'effet rapide sur recibir après avoir au préalablement essuyé un échec sur la même suerte a matar. Oreille.
Le cinquième, très distrait à sa sortie, fut salué par de jolies veroniques enchaînées par de dynamiques chicuelinas. Le tercio de piques fut très bien mené lors de deux rencontres parfaitement réalisées. Sentant la tendance manso de son adversaire, l'arlesien le conduisit immédiatement au centre du ruedo. Après deux séries droitières de bonne facture, le maestro prit la zurda. Après cette tanda gauchère où il put sortir de très douces naturelles templées, le toro se sentant dominé chercha refuge aux planches, se couchant même après une série prise dans la querencia. Son Margé se fermant complètement, Juan Bautista ne put plus rien en tirer et dût le descabeller après une première tentative à l'estoc. Ovation.

Le troisième, un magnifique colorado, fut reçu avec douceur par David Mora avant qu'il ne le conduise au piquero par de vibrantes chicuelinas marchées. Face au cavalier, l'astado prit deux puyas dont l'ultime pour la forme. Au dernier tercio, le Margé manqua cruellement de transmission et de fond. Et malgré une belle envie et des passages très esthétiques dessinés au ralenti, la faena ne réussit jamais à prendre son envol ni à accrocher le public. Pinchazo suivi d'une épée basse. Silence.
David Mora, visiblement très décidé, salua le denier de l'envoi par une larga de rodilla enchainant par un capoteo fleuri. Frayeur lors de la mise en suerte au cheval, le Madrilène se retrouva à la merci du toro après avoir perdu l'équilibre. Heureusement en lançant son capote il put en sortir indemne. Très bon tercio de pique où le Margé montra de la bravoure par deux fois sous le fer, s'élancant notamment de loin sur la seconde prise. Entame de faena les deux pieds joints avant que Mora ne poursuive par une bonne tanda de derechazos. Mais comme au toro précédent, celui ci chercha refuge aux planches, fuyant le combat. David Mora ne baissa pas les bras et fit l'effort de construire une faena dans la querencia de l'animal. Laissant bien la muleta sous le museau du manso, il réussit à l'embarquer dans des séries droitières profondes et très harmonieuses, sous les olés appuyés du public. Il paracheva son travail par une entière d'effet fulgurant libérant logiquement une oreille.


Plaza de toros de Béziers (34)
1/2 arènes
Six toros de Robert Margé
12 rencontres avec le groupe équestre
Poids : 520 , 532 (1bis) / 525 / 530 / 500 / 550 / 535
Très beau temps
Durée : 2h25

Diego Urdiales : Vuelta après pétition / Silence
Juan Bautista : Oreille / Ovation
David Mora : Silence / Oreille

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico