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Nîmes (16/09/2016) : Manolo Vanegas triomphe. Une oreille pour Andy Younes et Tibo Garcia...

@ElTico
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Après la fin de la temporada arrivera l'heure des bilans. Il est bien entendu encore un peu tôt pour tirer de cette temporada des conclusions qui seraient forcément hâtives. Mais force est de constater qu'une nouvelle fois, le bétail français tient parfaitement son rang, même et surtout lorsqu'il est programmé dans une arène de première catégorie.

La dernière Feria de Pentecôte et le début de temporada en général avait déçu les aficionados sur le plan du bétail. Cette novillada de San Sebastian qui ouvrait le cycle, sans atteindre des sommets, aura permis aux trois novilleros du jour de s'exprimer, certains exemplaires manquant certes d'un peu de transmission, mais tous donnant du jeu avec de très bonnes manières.
Côté piétons, cette confrontation ne manquait pas non plus de tenue avec des conceptions du toreo très différentes pour chacun des novilleros en lice. Et si au final, c'est le vénézuélien Manolo Vanegas qui s'ouvre la porte des cuadrillas, chacun aura jugé de l'engagement des trois toreros et notamment des deux français qui auraient pu l'accompagner.

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier de la tarde dévolu à Manolo Vanegas prit deux rations de fer en brave avant de voir le Vénézuélien réaliser un quite par de douces chicuelinas. Après un brindis au public, il débuta sa faena par quatre statuaires sans bouger d'un millimètre, gagnant ensuite le centre par un toreo très fin. Le San Sebastian, même s'il se déplaçait lors des échanges, se révéla quelque peu limité en force. Manolo Vanegas fit parfaitement le métier, tirant le maximum de son opposant. Faisant preuve de beaucoup d'aguante et de variété tout au long du combat, il parvint à éditer une prestation mature, remplie de maîtrise technique et de volonté. Sa faena culminera sur le piton gauche lors d'une tanda profonde, très a gusto. Il clôturera le tout par des redondos très serrés avant de loger une entière jusqu'à la garde d'effet fulgurant. Oreille.
Manolo se distingua lors de la réception du quatrième par larga, farol de rodillas, delantales, concluant par serpentina. L'astado fut mal piqué sur une première rencontre rectifiée, avant une seconde donnée très à l'arrière. Au cours de ce tercio, le San Sebastian prit énormément de capotazos. Brindis à Juan Bautista. Entame de faena tambour battant, les deux genoux en terre, se mettant ainsi un peu plus le public en poche. A la muleta, le bicho mansito se montra maniable avec un très bon piton gauche. Le protégé de Didier Cabanis et de Philippe Cuillé ne se fit pas prier pour lui réaliser une prestation convaincante. Toujours bien placé et précis dans ses toques, il embarqua son utrero dans des séries templées de belle facture. Un trois quart de lame trasera d'effet très lent ne lui empêcha pas de couper un autre appendice. Oreille.

Andy Younes réceptionna le second par veroniques, tafallera, cordobinas, delantales, rematant par une larga cordobesa. Le novillo fit tomber la monture de Gabin Rehabi lors de la première rencontre en s'engouffrant de face dans le peto. Il prit une deuxième ration pour la forme avant que Tibo Garcia ne dessine au centre du ruedo trois belles chicuelinas. Face à un San Sebastian possédant un joli fond de noblesse, l'Arlésien réalisa en premier lieu un trasteo classique élégant, majoritairement droitier. Andy eut ensuite le tort de raccourcir les distances, partant dans un registre tremendiste. Cette facette accrocha moins le public qu'à l'accoutumée. Il tua d'une entière d'effet très rapide, déclenchant une pétition non suivie par la présidence. Vuelta.
Andy montra toute son envie en saluant son second par deux farols de rodillas, enchaînant par veroniques pieds joints. Au tercio de varas, le novillo mit bien les reins sur la première avant d'en recevoir une seconde moins dosée. Début de faena chargé en émotions. Commençant son combat à genoux plein centre, il se fit attraper sur la première passe miraculeusement sans conséquence lui empêchant de poursuivre le combat. Après avoir quitté la chaquetilla, il partit très décidé pour un cambio sous la clameur du public. Devant cet animal manquant de fond et de transmission, Andy édita une faena très volontaire, servant des tandas méritoires. Il estoqua d'une lame entière rapide, libérant un pavillon du palco présidentiel. Oreille.

Tibo Garcia salua le troisième du lot par un capoteo très doux. Souhaitant économiser son bicho, il le fit légèrement piquer en deux fois. Malgré son manque d'expérience, Tibo comprit très bien les besoins de son utrero. Laissant le leurre à sa hauteur afin de profiter au mieux des charges du San Sebastian, le tarasconnais imprima une prestation soignée dans un style très classique. Sous les airs de Chicuelo il put livrer des séries très douces où seul un légèr manque de transmission empêcha le tout de prendre son envol. Il remata l'ensemble par une épée légèrement contraire après pinchazo. Ovation.
Réception très élégante du dernier de l'envoi par des veroniques parfaitement tracées, avant de le conduire pour une double prise de châtiment. Au dernier tercio, le novillo se montra maniable malgré un manque d'humiliation lors des échanges. Il permit à Tibo de s'exprimer et de développer une tauromachie très fine et élégante. Prenant le temps de bien faire les choses, il conduisit son animal dans une muleta douce, connectant ainsi avec les tendidos. Il conclut ce bel ensemble par des manoletinas suivies d'un trois quart de lame suffisant. Oreille.

Arènes de Nimes
6 novillos de San Sebastian , très bien présentés , tous applaudis à l'arrastre.
12 rencontres avec la cavalerie de Phillipe Eyral
Poids : 450 , 430 , 435 , 455 , 495 , 485.
1/3 d'arènes
Temps mitigé
Durée : 2h25

Manolo Vanegas : Oreille / Oreille après avis
Andy Younes : Vuelta / Oreille
Tibo Garcia : Ovation après avis / Oreille

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico