Bayonne (02/09/2017 - matinale) : Les Lartet et Arturo Gilio brillent...

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@Philippe Latour
@Philippe Latour
Une météo digne d'un mois de novembre, a laissé nombre de spectateurs au chaud et au sec. Dommage car le lot des erales du Lartet a permis à cette matinale de présenter un intérêt constant et de révéler le mexicain Arturo Gilio vainqueur incontestable de la novillada et qui reviendra dans ce même ruedo demain matin pour affronter en finale Manuel Diosleguarde, vainqueur de la NSP du 15 août face aux Camino de Santiago de Jean-Louis Darre.

Le premier eral se laisse embarquer dans le capote décidé d'El Lauri (2 faroles à genoux). L'animal est encasté et il faut s'engager pour pouvoir le dominer. Le début par doblones peut laisser penser que le jeune cordouan va y arriver. Dès la 1ère série à droite, le Lartet pourtant prend le dessus et fait voltiger sans mal dans les airs le torero sur la 2ème. La corne gauche sera de meilleure compagnie mais nécessite d'être guidée fermement pour ne pas se laisser déborder par la caste vive de l'animal. El Lauri y arrivera de manière inégale dans une large faena qui ira a mas malgré un final brouillon. Saluts après entière. Ovation nourrie pour l'animal.

Dorian Canton va devoir batailler avec la charge de son eral. Sa tauromachie à hauteur de hanche manque de dominio en début de faena. L'essentiel de la faena sera droitière et montera en intensité. Dorian ne démérite pas face à un animal compliqué et lie les séries dans un ensemble apprécié du public. Une entière suivie de deux descabellos limiteront à une vuelta, la récompense pour le landais. La dépouille du novillo est raccompagnée par les applaudissements.

La noblesse idéale du 3ème Lartet va être exploitée par Arturo Gilio. Après une réception fleurie au capote par véroniques suivies de caleserinas, le mexicain va faire preuve de beaucoup d'office et de personnalité dans son travail, muleta en main. Avec serenité et beaucoup de style, Gilio embarque l'erale et emballe le public. Il fait preuve de beaucoup de variétés, et réussit à prendre l'ascendant sur les deux côtés (alors que le piton gauche était au départ moins clair). Après une entière et un descabello, la présidente concède les deux oreilles et sort le mouchoir bleu qui viendra récompenser l'excellence de lot de la famille Bonnet.

Le quatrième, lui aussi, va être noble et vif. Desservi par un physique pataud, Alvaro de Faranda possède une technique évidente et un répertoire que sa formation à la fondation d'El Juli lui procure. Néanmoins, il va rester en dessous des possibilités de l'eral et restera par trop périphérique pour dominer son adversaire (à preuve, les trois désarmés subis). De fait la faena aura un goût d'inachevé et le Lartet raccompagné par l'ovation unanime n'aura pas pu donner tout ce qu'il avait dans le ventre. Volontaire certes mais dominé, le jeune apprenti n'aura droit qu'au silence.

Nous aurions aimé voir le ganadero saluer au moment de la reprise des divers prix (que Gilio trusta pour grande partie à part l'estocade revenant à Dorian Canton).
A Gilio fut déclaré logiquement vainqueur.

 

Arènes de Bayonne
1/2 finale NSP
Temps maussade (avec quelques averses)
1/8ème d'arène
4 Lartet nobles et encastés (vuelta posthume accordé au 3ème)

El Lauri : saluts
Dorian Canton : vuelta
Arturo Gilio : 2 oreilles
Alvaro de Faranda : silence

Le mexicain A Gilio declaré vainqueur disputera la finale dimanche matin.

Philippe Latour

Voir le reportage photographique : Philippe Latour