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Arzacq (18/02/2018) : Des « Conde de Mayalde » toujours aussi intéressants...

b_400_600_0_10_images_temporadas_2018_Fevrier_Visuel_Arzacq_18022018.jpgLa tradition est maintenant bien installée depuis que le club taurin local a repris à son compte l’organisation de la journée taurine d’Arzacq Arraziguet qui ouvre la temporada dans le département des Pyrénées Atlantique. C’est un public très nombreux qui a bravé froidure et pluie pour venir prendre place sur les gradins, heureusement couverts, des arènes du Soubestre.

Fréquentation qui a été probablement boostée par la présence à l’affiche du torero béarnais Dorian Canton. Puisqu’il est question de tradition, les organisateurs ont une nouvelle fois fait appel à la ganaderia du Conde de Mayalde pour la fourniture des erales combattus. Ils ont eu raison de rester fidèle à cet élevage. S’il est difficile d’évaluer les bichos toréés par la rejoneadora Ana Rita, ceux réservés à la lidia à pied sont sortis très bien présentés et avec du fond. Malheureusement, leurs qualités n’ont pas toujours été exploitées par les novilleros présents au cartel.

La cavalière portugaise s’est vue opposer un premier novillo plutôt léger. Le bicho assez violent en début de lidia, a fini par se laisser embarquer dans les poursuites dont use, et parfois abuse, Ana Rita. Après deux farpas de castigo approximatives, la portugaise a posé six banderilles dans un style propre mais répétitif et manquant d’originalité. On retiendra la troisième près des tablas et la dernière al violin. En fin de faena le toro baisse de ton et la torera à du mal à le placer pour tuer. Elle pinche à trois reprises. Le dernier pinchazo touche la colonne vertébrale, fait tomber le novillo et le puntillero avec promptitude et efficacité fait son office.
Le quatrième Mayalde est costaud. En début de lidia, il prend de vitesse la cavalière lui coupant la trajectoire. Dès trois farpas de castigo, seul le troisième est en place. Même scénario qu’au premier, avec un bicho moins complexe, la cavalière alterne poursuites et poses de banderilles. Les premières manquent de temple et les secondes sont toujours sur le même modèle. Après la pose de trois roses, Ana Rita place un rejon de muerte contraire mais très efficace. Elle coupe deux oreilles, la seconde généreuse.

En second, et premier pour la lidia à pied sort un colorado très bien présenté et surtout très armé. Comme souvent les « Mayalde », il est assez violent au début. Des deux premiers tiers on retiendra un quite par faroles de Victor Hernandez et une très bonne paire de banderilles d’El Santo. Hernandez brinde au public et entreprend le novillo par le haut. Noble, le bicho répète mais reste désordonné. Le novillero enchaîne des séries appliquées souvent trop brusques. Le Mayalde s’améliore, pardonne beaucoup, dommage que le torero soit souvent brouillon et n’en tire pas toutes les possibilités. De la faena, on retiendra une série à gauche. Conclusion par une entière basse en avant, le novillo lutte pour tomber sans qu’il s’agisse de bravoure évidente. Une partie du public demande et obtient « un mouchoir bleu » bien généreux pour un eral noble mais manquant de caste. Le novillero obtient lui une oreille….

Le troisième eral sera le plus intéressant de l’après-midi. Très bien présenté, c’est un manso très encasté. Il sort avec beaucoup de gaz et est très désordonné. A peine gêné par une vuelta de campana, il parcourt en galopant le ruedo. Dorian Canton réalise un excellent début de faena. Il canalise et maîtrise la charge du novillo. Avec autorité et rigueur, il pèse sur l’animal et le fait basculer du bon côté de la Force, ou plutôt de la Caste. Rendu, le Mayalde est noble, mais avec cette caste qui transmet de l’émotion. Le jeune novillero manque encore de métier pour en exploiter toutes les qualités. La fin de faena, y compris quand il réduit les terrains, est appliquée mais manque encore de construction. Après un bon final par luquecinas, Dorian coupe une oreille après une mise à mort en deux temps. Ce qui est à retenir aujourd’hui, c’est que le jeune béarnais a confirmé sa capacité à peser et à s’imposer face à des opposants ayant de la caste.

La grosse déception du jour vient de Yon Lamothe. Le novillero est passé au travers et a très vite baissé les bras face à un novillo, certes moins noble et plus faible que les deux premiers, mais qui offrait quand même des possibilités. Silence poli et déçu après une mise à mort très laborieuse, le landais nous doit un desquite ………..

Le dernier bicho est accueilli de rodillas par Manuel Perera. Le novillero de Badajoz est un garçon plein d’envie, de courage mais il est encore vert. Le Mayalde est, comme celui de Victor Hernandez, noble et pardonne beaucoup. D’une faena brouillonne et trop longue, on retiendra une très bonne série à droite où le torero a baissé la main mettant en évidence les qualités du novillo. Perera manque aussi de technique au moment de tuer. Il pinche à plusieurs reprises avant de placer une entière basse.

On retrouvera Yon Lamothe et Manuel Perera, samedi prochain, pour les éliminatoires de La Fragua à Pontonx.

 

Fiche Technique :
Arènes d’Arzacq Arraziguet, novillada non piquée mixte
Six reses du Conde de Mayalde, bien présentés et offrant des possibilités pour :

La rejoneadora Ana Rita : silence, deux oreilles
Victor Hernandez : une oreille
Dorian Canton : une oreille
Yon Lamothe : silence
Manuel Perera : un avis et silence

Vuelta au novillo toréé par Victor Hernandez
Le prix des organisateurs du Sud-Ouest a été partagé entre Victor Hernandez et Dorian Canton.
Dorian Canton a été déclaré vainqueur du trophée du Bayonne de Cristal
9/10èmes d’arène
Météo hivernale, heureusement que les arènes du Soubestre sont couvertes et fermées


Thierry Reboul