Pontonx-sur-l'Adour (25/02/2018 – tarde) : José Molina ( Albacete) vainqueur de La Fragua 2018...

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©Philippe Latour
©Philippe Latour
C’est devant une belle moitié d’arènes qu’ont défilé les quatre novilleros qualifiés pour la finale de l’édition 2018 de La Fragua organisée par Juan Leal. Ils ont affrontés des erales de la ganaderia portugaise de Calejo Pirès.

Très bien présentés, limite novillada piquée, les bichos, comme les vaches tientées hier et ce matin, ont manqué de forces et de fond. Après, ils ont obligé les novilleros à s’appliquer car ils ne pardonnaient aucune erreur. Comme pour les vaches, la piste très voire trop dure a accentué une faiblesse qui semble endémique dans cet élevage d’origine Nuñez del Cuvillo.

Le premier, joli berrendo, a été le plus faible. Il est tombé à plusieurs reprises. Raul Montero, le plus expérimenté des participants, l’entreprend en début de faena par le haut. A droite, le toro s’arrête à mi-passe. A gauche, il se livre mieux dans la limite de ses moyens physiques. Le novillero connait son office. Il s’applique pour enchaîner ses séries des deux mains. Tout cela est bien réalisé mais manque d’émotion car le Calejo Pirès ne transmet pas grand-chose même quand le torero réduit les terrains. Le torero de Salamanque, déçu, fait une vuelta après une demie et un descabello.

Le second est un castaño chorreado lui aussi très bien présenté. Reçu à la cape par José Molina, il accroche spectaculairement Pablo Paez lors d’un quite commencé par des véroniques élégantes. Le toro à une corne droite compliquée et une gauche difficile. Remarqué lors des sélections pour son sens de la lidia, Molina va réaliser une faena très vaillante et surtout très technique. Jouant sur les distances et les terrains, passe après passe, il oblige le toro. Tout n’est pas parfait, le novillero se fait accrocher plusieurs fois, mais là où d’autres auraient abandonné, il fait preuve de courage et d’un vrai sens de la lidia et réalise ce qui sera la meilleure faena de l’après-midi. Dommage qu’une mise à mort laborieuse le prive de trophées. Il se contentera d’une vuelta très applaudie.

Le troisième est un joli colorado qui est bien reçu à la cape par Pablo Paez. Après une bonne série de véroniques, le sévillan se fait accrocher de façon spectaculaire. Le novillo violent en début de faena s’adoucira en cours de faena et ira à mas. Le torero andalou enchaîne des séries élégantes des deux mains mais il ne pèse pas sur le novillo. Il prolonge trop sa faena et se fait à nouveau accrocher. De la faena, on retiendra l’avant dernière série à gauche, la meilleure série de naturelles de l’ensemble du Certamen. Vuelta pour le torero après un pinchazo et une entière en avant et basse.

Très attendu après sa prestation de Magescq, Villita hérite d’un joli novillo negro lui aussi juste de forces. Il le brinde à Victor Mendès, les précédents ayant offert leurs adversaires à Juan Leal. Le Calejo Pirès est meilleur sur la corne droite. Villita enchaîne de bonnes séries de derechazos, obligeant un novillo qui se réserve un peu. La faena va, comme le toro a menos et trop longue finit par lasser. Après un bel adorño, le madrilène tue d’une entière légèrement basse et coupe une oreille.

Le jury est face à un dilemme : privilégier l’oreille coupée face à un novillo sans grande difficulté ou la qualité de la lidia face à un bicho compliqué. Avec raison, les jurés désignent José Molina comme vainqueur de La Fragua sur son comportement pendant tout le certamen et son sens de la lidia face à un eral compliqué. Ce choix reçoit l’aval du public. Le toreo d’Albacete se voit donc offrir le cinquième novillo.

Blanc comme le fameux Osborne lidié par Antoñete, très bien présenté le toro se révèlera faible et fade. La faena bien qu’appliquée et intéressante ne transmet pas beaucoup d’émotions. José Molina confirme son sens de la distance et des terrains mais la faena va à menos, le novillo se décompose. Molina coupe une oreille après une demi-épée et une très belle entière portée avec engagement. Il invite les deux mayorales à l’accompagner dans sa vuelta ce qui est ne preuve de bonne éducation. Même si l’éleveur a encore du travail, le bétail fournit par sa présentation, les difficultés posées a contribué au succès de cette Fragua. Par contre la pétition de mouchoir bleu pour le dernier novillo est aussi incompréhensible qu’elle a été minoritaire.

La Fragua 2018 est morte, vive La Fragua 2019.

Fiche technique
Arènes de Pontonx, novillada non piquée, finale de La Fragua 2018
Cinq erales de Calejo Pirès très bien présentés mais juste de forces et manquant de fond pour :

Raul Montero (Salamanque) : vuelta
José Molina (Albacete) : un avis et vuelta, une oreille
Pablo Paez : un avis et vuelta
Villita : un avis et une oreille

José Molina remporte l’édition 2018 de La Fragua ainsi que le prix offert par les organisateurs du Sud-Ouest.
Prédisent : Franck Lanati
Demi-arène

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour